Wednesday, October 16, 2019
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Sauve qui peut !

Le sauvetage en milieu aquatique sert à sauver des gens en fâcheuse posture dans l’eau. Mais c’est aussi un sport. Un sport de très haut niveau.   Qu’ils nous pardonnent tout de suite, les non-connaisseurs de

Le sauvetage en milieu aquatique sert à sauver des gens en fâcheuse posture dans l’eau. Mais c’est aussi un sport. Un sport de très haut niveau.

 

Qu’ils nous pardonnent tout de suite, les non-connaisseurs de la chose aquatique : cet article risque de les dérouter quelquefois. Si l’on vous dit, par exemple, que les meilleurs sauveteurs nagent le 100 libre en moins de 50’’, ça risque de ne pas vous dire grand chose. Croyez-nous, alors, si on vous dit que c’est très, très rapide.

Cette précision effectuée, parlons du sauvetage en milieu aquatique, mais surtout de son volet sportif, voire de compétition. Et commençons par concéder, tête basse, que malgré nos recherches et d’anciens événements, aujourd’hui, ça n’existe plus ici. Le correspondant local de la Fédération française de sauvetage et de secourisme nous l’a confirmé et dans sa voix, on a compris que ça lui faisait un peu de peine.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que nos sauveteurs locaux, qu’ils soient aux bords des piscines ou de la mer sont des fainéants : leurs diplômes leur demandent des recyclages réguliers et, surtout ceux des plages, ils s’entraînent régulièrement de leur côté – sans pour autant avoir l’obligation de le faire. Et puis, beaucoup d’entre eux sont surfeurs, inutile donc de préciser que ces gens-là sont sportifs et assez costauds pour aller chercher l’énergumène qui s’agite inutilement dans l’eau en avalant de grandes goulées de flotte.

Mais l’Homme est ainsi : quoiqu’il fasse, il veut, à un moment, savoir s’il le fait mieux que son voisin. Manger des hot-dogs ou grimper au pied de coco. C’est ainsi que sont nées les compétitions de sauvetage, qui atteignent désormais des niveaux assez hallucinants. Christophe Attrait, nageur depuis peu aux Dauphins saint-louisiens, est justement dans le domaine, plus spécialisé dans “l’eau plate” (en bassins). Encore licencié au club de Biarritz sauvetage côtier, il est recordman du monde masters du 50m mannequin (25 m en crawl, récupération du mannequin de quatre-vingt kilos au fond de l’eau, 25 m en crawl avec le mannequin remorqué) en 34’’54 et champion du monde masters du 100m bouée tube (50m avec les palmes et la bouée qui traîne, qui est ensuite enroulée autour du mannequin pour le remorquer sur le retour, les meilleurs nageant en moins de cinquante secondes…).

 

Tu as beau être rapide, il te faut de la lucidité.

 

 

On vous épargnera la longue liste des épreuves, pour arriver à : “Il y a des épreuves qui privilégient certes le spectacle, qui n’ont pas grand chose à voir avec le sauvetage. Malgré tout, la base est toujours la même : rencontrer des situations qui peuvent arriver lorsqu’il faut sauver quelqu’un.” Deuxième volet des épreuves, le sauvetage côtier, en mer. De la nage, de la course sur le sable, des faux noyés à sauver, sans rien, avec un paddle, avec un kayak… Toutes les situations sont possibles, et un maître-mot : “La lucidité. Tu as beau être rapide, il te faut de la lucidité. En mer, avec les creux, les courants, il te faut t’adapter. Sur le retour, tu peux très bien nager, si le mec derrière a repéré la vague qui va lui permettre de revenir en bodysurf, il va te passer devant.” Des situations utiles en cas de réel sauvetage… “C’est sûr que ça fait un très bon entraînement, ce genre de compétitions. Ça crée de super sauveteurs.” Des compèts où la France fait plutôt bonne figure, même si, dans le domaine du sauvetage côtier, les Australiens et Néo-Zélandais sont imbattables. Faut dire aussi que d’avoir des milliers de kilomètres de côtes, ça aide.

 


Les derniers championnats de France “eau plate”

Les championnats de France “côtiers”

Texte : L. C. / Photo : R. P.

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