Friday, May 24, 2019
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Vous n’avez jamais eu l’occasion de porter vos chaussures de rando,ou vous êtes capables de vous perdre entre le Col des Boeufs et La Nouvelle… Bref, vous êtes une vraie quiche dans ce domaine. BuzBuz vous explique tout, avec l’aide de Bernard Labrosse, référent sentiers de l’Office national des forêts (ONF).

LES BASES

Pour ceux qui dormaient pendant les consignes de sécurité dites et redites, quelques rappels. D’abord, ne faites pas les malins : connaissez vos capacités physiques. Ensuite, oubliez les savates deux doigts ou même les chaussures de trail, qui ne protègent pas les chevilles (OK, tout le monde le fait). Préférez les chaussures montantes et de bonnes semelles, non lisses. Prenez de quoi boire, vous protéger du soleil (casquette, crème solaire) et de quoi vous couvrir (coupe-vent, polaire) en cas de froid ou de pluie. “En altitude, on peut connaître le chaud et le froid dans la même journée”, précise Bernard Labrosse.

Évidemment, vérifiez la météo : le temps se couvre souvent en début d’après-midi dans les Hauts et le soleil se couche tôt à La Réunion. La saison idéale, c’est l’hiver, de mai à décembre. En saison des pluies, évitez d’emprunter un sentier après un fort épisode pluvieux, notamment dans les remparts. Les éboulements et chutes de pierre y sont fréquents. “Ce sont des lieux superbes mais qui restent très dangereux, partout. Une seule maladresse peut être catastrophique.” Quant à la carte et la boussole, elles ne sont pas utiles sur les sentiers balisés et si vous ne savez pas vous en servir. Allez, finies les lapalissades, on attaque le sérieux.


LES BALISES

Des pannonceaux avec “balises directionnelles de randonnée” sont implantés à chaque départ de sentier. Ne les boudez pas. Ils indiquent le lieu-dit, l’altitude, le temps de marche, et donnent les directions possibles. Lire des flèches, c’est dans les cordes de tout le monde.Il existe trois types de balisage. Les marques rouges et blanches représentent les Grandes randonnées (GR), “une offre de promenade sur plusieurs jours”. Il s’agit d’un label attribué par la Fédération française de randonnée pédestre. Pour l’obtenir, trois critères doivent être remplis : la maîtrise du foncier, la garantie de l’entretien du sentier, ainsi que l’hébergement et la restauration possibles à chaque étape. Trois circuits locaux ont le label. Le GR R1, qui fait le tour du Piton-des-Neiges au départ d’Hell-Bourg et passe par les trois cirques, vient d’ailleurs d’être élu “GR préféré des Français·e·s 2019”.

Les balises jaunes sont un autre label de la fédé pour des sentiers “Promenade et randonnée” (PR). Les critères sont les mêmes, si ce n’est que ces sentiers se parcourent en une journée maximum, sans hébergement. Nous en comptons une sélection de vingt-cinq. Enfin, le balisage blanc indique qu’il s’agit d’un sentier ONF. Des panneaux de départs de randonnée sont aussi en train d’être installés sur tous les parkings à proximité. Carte des lieux, sélection de trois randos, description, difficulté, intérêt touristique, tout y est.


LE TEMPS DE MARCHE

Les randonnées ne se calculent plus en kilomètres mais en temps de marche. On estime qu’un·e marcheur·euse lambda se déplace à 4 km/h en moyenne sur du plat, à 300 m/h en montée et à 400 m/h en descente. Les pauses casse-croûte et séances photo ne sont pas prises en compte.


LE DÉNIVELÉ

Ah, le fameux dénivelé ! Qu’est-ce qu’il peut bien vouloir dire ? Et bien, c’est tout simplement la différence d’altitude entre un point et un autre. Aussi important que le temps de marche, il donne une idée de la difficulté. Jusqu’à mille mètres de dénivelé, ça va encore, nous explique le référent sentiers. Au-delà, vous allez le sentir passer.


PEU DE PETITS NOUVEAUX

Il est rare que de nouveaux sentiers soient ouverts. L’un des plus récents date de 2014, une création de l’ONF entre La Redoute et La Montagne, à la demande d’une association d’habitant·e·s. La décision tient compte de trois critères : le foncier (qui est le·la propriétaire des lieux ?), la valeur du patrimoine forestier et le financement. Sur ce point, 25% sont alloués par le Département et 75% par l’Europe. Le Département assume en revanche intégralement l’entretien, d’un coût de deux millions d’euros en 2018.

Les travaux tels que l’installation des passerelles de Mafate ou la purge d’une falaise sont généralement assurés par des entreprises acrobatiques. Comme sur la route du Littoral mais à moindre échelle : purge, suppression des risques et reconstruction.

En cas de danger, de risque d’éboulement par exemple, l’ONF prend la décision technique de la fermeture d’un sentier. Ensuite, un arrêté est pris par le préfet, “une tradition locale”. En Métropole, ce sont les maires.

 

TEXTE : MARIANNE RENOIR - ILLUSTRATION : FREDDY LECLERC

dns@adplay.re

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