Wednesday, November 13, 2019
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Les femmes d’abord

Chirurgienne, gynécologue et médecin esthétique, Geneviève Sidibé Kah est au contact des femmes au quotidien. Elle leur a d’ailleurs dédié sa vie. “Il est vrai que j’ai une vie professionnelle bien remplie.” À soixante-sept ans, Geneviève

Chirurgienne, gynécologue et médecin esthétique, Geneviève Sidibé Kah est au contact des femmes au quotidien. Elle leur a d’ailleurs dédié sa vie.

Il est vrai que j’ai une vie professionnelle bien remplie.” À soixante-sept ans, Geneviève Sidibé Kah jongle entre la chirurgie et la gynécologie, la gynécologie obstétricienne et la médecine esthétique. Née au Togo dans une fratrie de neuf enfants, cette afro-antillaise infatigable a toujours su qu’elle serait un jour médecin. “Mes proches m’ont raconté qu’à quatre ans déjà, je disais à tout le monde que je voulais soigner les gens !

C’est ainsi que Geneviève Sidibé Kah se forme à la médecine à Dakar, puis à Paris, où elle se spécialise en chirurgie, est assistante dans les hôpitaux, puis enseignante auprès des étudiants.

À trente-cinq ans, elle débute à La Réunion, à la clinique Lamarque – ancien nom de la clinique Saint-Vincent. Là, avec le docteur Gérard Gardey et en collaboration avec la clinique du Port, elle participe aux toutes premières fécondations in vitro réalisées dans l’Île. Geneviève aide à donner la vie et consacre la sienne à la gente féminine. “Je suis très amoureuse de la femme. Ce sont des êtres extrêmement fins, sensibles, intelligents, qui trouvent toujours le mot juste pour sortir des moments de confusion.

Je suis humaniste

Et selon elle, quand les femmes sont fortes, “alors tout va bien”. C’est pour cette raison que le médecin juge nécessaire de mettre l’accent sur l’éducation des filles. Qu’importe, si elles choisissent ensuite de devenir cheffes d’entreprise ou mères au foyer. “C’est parce que ma mère était à la maison, présente, parce qu’elle m’a appris à être combative, à faire des efforts, que j’ai pu devenir médecin.

Cette combativité presque héréditaire ne la quittera jamais. “Je suis perfectionniste, j’ai tout le temps envie de changer le monde”, reconnaît-elle. Un caractère qui lui vaut même le surnom de “Madame Tyrannie”.

Celle que nous avons rencontrée est pour­tant bien loin de cette image. Insatiable, elle continue de se former sans cesse – en chirurgie reconstructrice mammaire, en cancérologie, en accouchement, en nutri­tion – mais semble finalement toujours le faire pour les autres. Pour les aider à surmonter les obstacles, pour les accom­pagner dans la douleur ou les écouter. “Je dirais que je suis humaniste”, résume-t-elle. Avoir foi en l’humain, c’est aussi espérer qu’il peut changer. “Je vois les Réunion­nais·e·s perdre peu à peu leur identité, leurs traditions, en revanche je crois au sursaut ré­unionnais.” À l’indépendance de l’Île, éga­lement. Des idées, Geneviève Sibidé Kah en a beaucoup d’autres que nous ne pour­rons toutes citer. Elle nous confesse d’ail­leurs envisager la politique, encouragée par ses ami·e·s. “Je ferai de la propagande écologique à la radio!” Mais, ajoute-t-elle, son vrai projet est de faire de l’agricultu­re biologique à la retraite. “Il faut cultiver notre jardin”, disait Candide.

 

TEXTE : MARIANNE RENOIR - PHOTOS : GWAEL DESBONT

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