Thursday, April 25, 2019
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Impact

Avec sa pub pour la sécurité routière, Facto Saatchi & Saatchi a évité quelques poncifs tout en réalisant un visuel marquant.   C’est le genre de campagne qui ne rapporte pas un rond à l’agence qui la

Avec sa pub pour la sécurité routière, Facto Saatchi & Saatchi a évité quelques poncifs tout en réalisant un visuel marquant.

 

C’est le genre de campagne qui ne rapporte pas un rond à l’agence qui la réalise, quand elle n’en coûte pas – ça n’a apparemment pas été le cas cette année pour ce coup-ci.

Pour Fabrice Boutin, directeur de création et directeur général chez Facto, et son équipe, il s’agissait de dire aux Réunionnais de ne pas trop picoler avant de reprendre le volant, en pleine période de fêtes.

 

 

Il y a deux tendances, dans les pubs pour la sécurité routière : les “trash”, et les “rigolotes”. Et vous avez choisi une autre direction encore. Pourquoi ?   

“L’humour, on ne se l’est pas   interdit, c’est juste que la bonne idée fun, elle n’est pas venue. De toute façon, j’ai du mal à croire que, dans ce domaine précis, le côté “On fait sourire, on va retenir” soit efficace. Alors, puisque le but est de changer le comportement, on aurait pu aller sur du “trash”. Mais il y a beaucoup de choses qui ont été faites. Et il y  a tellement de violence autour de nous qu’en en rajoutant encore, les gens pourraient se dire “Ça va, là, j’en ai marre.” On a cherché à bien placer le curseur entre l’impact visuel et la réaction “j’aimerais pas être dedans”…

 

D’ailleurs, on ne voit personne…

Ça pourrait être n’importe quelles voitures, et on ne voit pas qui conduit. C’était une volonté de ne pas personnaliser. Ça peut être toi, moi, n’importe qui. C’est un moment particulier, aussi, cette campagne pendant les fêtes ? On sait que c’est une période plus propice aux accidents liés à l’alcool. Et puis l’accident du Moufia (début décembre, un jeune homme roulant trop vite et ayant consommé de l’alcool a fauché huit personnes, en tuant sept, ndlr) est arrivé aussi à ce moment-là… Et puis je savais que sur les affichages, on serait à côté de pubs d’alcools illustrées de verres, comme sur la nôtre, cela ne pouvait que renforcer le message.

 

C’est-à-dire que la communication n’est qu’un élément de l’édifice ?

La personne qui sort d’un repas où il a bu, peut-être qu’au moment de partir, il aura notre image qui lui reviendra. Avec ses collègues qui lui disent de rester, c’est une petite touche supplémentaire. La pédagogie est importante, dans ce genre de sujet ? On est en effet sur du premier degré, l’association d’images entre le verre et le véhicule. Je pense que ça marque, le but étant de viser le buveur occasionnel, celui qui pourra refuser le verre de plus.

Ça vous change, de travailler sur des pubs qui n’ont rien à vendre ?

Non, parce que le but reste exactement le même : changer un comportement. Changer un comportement d’achat ou un comportement de conduite, c’est la même chose. Il faut d’abord trouver l’obstacle au changement. Ici, c’était le fameux “Ça n’arrive qu’aux autres”. Puis, nous avons cherché à mettre le doigt sur le bon ressort psychologique. Je reste humble, je ne connais pas les résultats ; mais on sait de toute façon que, quand la sécurité routière cesse de communiquer, le nombre d’accidents augmente. Dans tous les cas, je ne connais pas de recette miracle.”

Propos recueillis par L. C. / Photo : R. P.

dns@adplay.re

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