Wednesday, October 16, 2019
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6 juillet 1989 : Milla débarque à la Saint-Pierroise

Roger Milla, ce sont deux images. La plus récente date de 1994 lorsque, contre la Russie en Coupe du Monde, il devient le plus vieux buteur de l’histoire de la compétition à quarante-deux ans. L’autre est

Roger Milla, ce sont deux images. La plus récente date de 1994 lorsque, contre la Russie en Coupe du Monde, il devient le plus vieux buteur de l’histoire de la compétition à quarante-deux ans.

L’autre est devenue légendaire. On y voit Milla courir aux côtés de Roger Higuita, le gardien colombien, qui a raté sa sortie au pied. Le Camerounais lui inscrit un doublé, propulsant son équipe en quarts de finale du Mondiale 90, ce qu’aucune équipe africaine n’avait réussi auparavant. Sa danse au poteau de corner sera reprise dans des pubs vingt ans plus tard… À ce moment- là, celui qui va obtenir son deuxième Ballon d’or africain en fin d’année est titulaire d’une licence à la JS Saint-Pierroise, en première division réunionnaise.

Milla aurait dû arrêter le foot en 1989. Un an plus tôt, pour fêter la fin de sa carrière internationale à trente-cinq ans, il avait jubilé devant plus de cent mille personnes à Yaoundé. Ne lui restait qu’un contrat à terminer en roue libre avec Montpellier en Première division française, et ce bon Roger pouvait prendre sa retraite, en juin 1989. Fin de l’histoire ? Non, début de la légende.

La Saint-Pierroise de cette fin des années quatre-vingt du tout nouveau président Abdul Cadjee a des allures clinquantes. C’est une époque où le club met en jeu des voitures lors des tombolas. Où le foot transpire par tous les pores de la cité sudiste. Où l’on commence à parler d’“OM péi”.

Une époque où le club mettait en jeu des voitures lors des tombolas.

Chez les dirigeants de la JSSP, un certain Jo Amiel avait sympathisé avec Milla en Métropole. C’est lui qui va le convaincre de venir terminer sa carrière pépère à La Réunion, dans un club de quatrième division qui joue le titre régional. Il a six mois de contrat, une deuxième année en option. Unes des journaux, accueil triomphal à Gillot, Milla a le sourire de ces retraités sereins. Pendant qu’il découvre le championnat local, les Camerounais se qualifient pour la phase finale de la Coupe du Monde italienne de 1990. Le pays se dit alors qu’il aura besoin de son idole, et c’est carrément Paul Biya, le Président de la République, qui passe un coup de fil à Roger pour le convaincre d’enfiler à nouveau le maillot des Lions indomptables. Milla effectue son retour lors de la Can de 1990, éliminé au premier tour. Avant de partir, il avait rempilé pour six mois avec Saint-Pierre, qu’il avait emmenée au doublé championnat (le premier depuis onze ans !) – Coupe régionale de France fin 1989. Il surfe sur son passé, et conserve un statut de remplaçant luxueux avec sa sélection, sans avoir cassé la baraque à La Réunion : il avait mis deux mois à marquer ses premiers buts. Recruté pour jouer milieu de terrain et pour son expérience, il quittera la Réunion en avril, après avoir marqué sept buts en matches officiels. Direction l’Italie, pour un voyage qui se terminera le 1er juillet, sur un but de l’Anglais Gary Lineker dans les prolongations du quart de finale napolitain.

Milla n’en aura pourtant pas encore fini avec sa sélection : il sauvera l’honneur du Cameroun face à la Russie et le quintuplé de Oleg Salenko, au premier tour de la World cup 94.

MillaTexte : L. C. / Illustration : M. D.

Photo d’équipe : JSSP (PS : Cliquez sur la photo, rien que pour le look d’Abdul Cadjee…)

 

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