Thursday, April 25, 2019
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29 octobre 1989 : La Marche des cimes arrive au Tremblet

Le futur Grand Raid, dans les journaux, n'occupait pas les pages "sports", mais "évasion", ou "aventure". Ces cent kilomètres paraissaient alors insurmontables. Gilles Trousselier, guide de haute montagne à Chamonix et premier vainqueur ; Jean-Jacques Mollaret,

Le futur Grand Raid, dans les journaux, n’occupait pas les pages “sports”, mais “évasion”, ou “aventure”. Ces cent kilomètres paraissaient alors insurmontables.

Gilles Trousselier, guide de haute montagne à Chamonix et premier vainqueur ; Jean-Jacques Mollaret, ancien gendarme et créateur de la Maison de la Montagne à Cilaos, qui, un an après le Cross du Piton des Neiges, invente une course où il s’agit de traverser l’Île… Ces épisodes sont connus et régulièrement remis en avant par la presse locale.

Pourtant, on se souvient peu de l’aspect rudimentaire du premier Grand Raid, appelé alors la Marche des cimes, et de son côté aventureux.

Pour preuve, lorsque la presse locale a décidé de présenter la course, elle n’avait aucun repère. Le Journal de l’Île avait alors envoyé trois de ses journalistes sur le parcours, résumant l’expérience en un mot : “galère“. Profils de la course tracés au crayon, sponsoring hasardeux – “La traversée de l’île avec Peter Stuyvesant“. Oui, la marque de clopes -, conseils rigolos du docteur O. T. Lacrampe qui propose, pour le sac à dos, de prévoir “une sangle de rechange ou un bout de ficelle“… On comprend vite que cette course, c’est l’inconnue totale.

Pourtant, bien peu de casse. Trois centre treize arrivants sur cinq cent cinquante inscrits (dont un concurrent avec son chien), c’est bien. Une seule blessure notable, un genou qui ne plie plus, c’est peu. Quand on se plonge dans les photos d’époque, qu’on y voit des concurrents en godiots ou en Stan Smith, on peut se dire que ç’aurait pu être pire.

Et des questions, avant le démarrage, il y en eut. Le Comité du Tourisme, qui doute que cela vaille le coup d’inviter des journalistes métropolitains. Un des concurrents, qui se demande si “550 personnes à La Réunion étaient capables de faire une telle distance à la marche“. Le médecin de la course, qui rappelle que “l’intitulé, c’est la marche“, et qu’il ne servira à rien de courir… Et il n’est pas inquiet : “300 se livrent à la marche occasionnellement, cela suffit.” Voilà pourquoi il ne voit pas non plus l’utilité de prévoir un hélicoptère pour l’assistance…

Courue pour la première et la dernière fois dans le sens Nord-Sud, cette première traversée sera remportée, donc, par Trousselier, recevant un diplôme à Saint-Philippe comme l’ensemble des inscrits, même ceux ayant abandonné. Seize heures pour effectuer cent kilomètres, en passant par la Roche Ecrite, le col des Bœufs, Marla, le Taïbit, Cilaos, le Coteau Kerveguen, l’Oratoire Sainte-Thérèse et le Tremblet.

Le jour suivant, ce n’est pas lui qui fait la “une” des journaux, mais bien l’épreuve en général. L’esprit de compétition est alors quasiment absent.

Aujourd’hui, le Grand Raid mesure presque 170 kilomètres et son petit frère, le Trail de Bourbon, 93. Il est aussi le plus grand événement local et un des fers de lance du tourisme réunionnais. Surtout, il n’y a plus grand monde pour parler d’aventure : le Grand Raid a trouvé sa place dans les pages “Sports ».

 

COURREUR

 

 

Texte : L.C. / Illustration : M. D.

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