Typo de popo

Typo de popo

Parce que dans la pub, il y a aussi des talents créatifs, BuzBuz a décidé d’en parler.

Pour commencer, la campagne Luvi pour la marque réunionnaise Doulux, basée sur une bonne idée et de la typo.

 

Partagée sur les réseaux sociaux ou affichée dans les toilettes des copains, la dernière campagne de Luvi Ogilvy pour le papier toilette – pardon, le PQ – Doulux a fait son petit ramdam. Nous sommes allés en demander un peu plus à Weena Schneider, la directrice de clientèle, et Pascal Naguin-Coupin, le concepteur rédacteur.

 

 

Qui a eu l’idée de délirer sur du PQ ? Luvi ou Doulux ?

Pascal : C’est le client qui est arrivé, déjà, avec son packaging “PQ”. Il y avait une volonté, à la base, d’être fun. Ils voulaient déjà être dans l’humour.

Weena : Le marché du PQ est particulier : tout le monde en a besoin. C’est pas un achat coup de coeur…

P : Coup de cul, plutôt !

W : Dans le rayon hygiène intime, on n’y traîne pas. Et les gens ont tendance à aller vers les rouleaux “compacts”. Pour sa gamme triple épaisseur et parfumée, Doulux avait besoin d’émerger.

P : La tendance de l’humour sur ces produits avait bien été amorcée par d’autres marques. Doulux s’est inscrit là-dedans.

 

C’est original, un client capable d’avoir de la dérision sur son produit…

W : C’est sûr qu’ils s’assument complètement !

P : Dès le brief, ils nous ont dit Allez les gars, faites-vous plaisir !” C’est agréable, mais ça met aussi un peu de pression.

 

La peur de partir dans le grand n’importe quoi ?

P : Dans les recherches, on est partis très vite dans du crade… C’est pour cela qu’on a décidé de faire une campagne “typo”, pour éviter de “choquer pour choquer” et de nous retrouver avec du caca en 4×3 juste pour

faire parler.

W : Y avait de tout. J’ai la connaissance du client, alors j’ai fait le filtre. On avait pensé à des traces de frein effacées avec du PQ, des histoires de prouts…

P : Le pipi, le caca, c’est inspirant.

 

Vous avez un visuel où se trouve le mot “merde”. Y a-t-il une hésitation, au moment de l’imprimer ?

P : Non, une fierté de pouvoir le faire.

 

Sur la campagne, on le voit peu, le produit, non ?

P : C’est amusant : on est sur du papier triple épaisseur, parfumé, avec un nouveau packaging, et on ne met rien de tout ça en avant. C’est du pur impact.

 

Ils ont été contents, chez Doulux ?

P : Sans télé, avec une campagne assez simple, sans beaucoup d’argent, avec une idée pure, on a réussi à émerger. Quand on fait ça, on jette une bouée à la mer, et on espère que ça va choper…

W : Et ça a chopé ! Les ventes ont augmenté, leurs concurrents ont dénigré. Ça a donc fait réagir.

 

Et vos concurrents à vous ?

P : C’est drôle, justement, dans les autres agences, c’est devenu un jeu, ils ont proposé leurs propres phrases…

W : A priori, beaucoup de gens nous envient d’avoir un client comme ça. C’est bien de voir que tout le monde s’amuse avec.

 

Avez-vous eu des retours du public sur la campagne en particulier ?

W : Oui, on voit que les gens prennent les Flashcards, les gardent, se marrent…

P : J’ai eu des messages tous bêtes, qui me disaient : “Ça nous fait du bien, ça change.” Là, on se dit qu’on a fait notre taf.

 

Recueilli par L. C. / Photo : S. SR