La “boîte de nuit” du Maïdo

La “boîte de nuit” du Maïdo

Situé à 2200 mètres d’altitude dans un espace écologique protégé, l’Observatoire du Maïdo a réussi à répondre à toutes ces contraintes, en plus d’être conçu pour les scientifiques par le cabinet NWA Run Architecture.

Construit à 2200 mètres d’altitude, l’observatoire du Maïdo surplombe les nuages : les nuits doivent être claires pour permettre aux différents appareils de mesures atmosphériques de ne pas être gênés. D’ici, les scientifiques et leurs appareils impressionnants observent la couche d’ozone, l’humidité, la pollution, la température, la pression, les vents et le soleil. Seule infrastructure du genre dans l’hémisphère sud, les données récoltées sont envoyées dans le monde entier.

Pour un endroit aussi visité, le lieu est pourtant discret. Situé en plein coeur du Parc national, entouré des parcelles traumatisées par les incendies, l’édifice devait se camoufler. Certaines nuits, il suffit de se diriger vers le rayon vert qui émane d’un des télescopes de l’endroit. « Ambiance “boîte de nuit””, en rigole Nicolas Maquestaut, responsable technique du site. Avec toit ouvrant, s’il vous plaît. Dans un laboratoire, il capte même les rayons du soleil.

Mais de jour, on tombe dessus, un peu surpris, en débouchant de la route bétonnée construite pendant les travaux. Le bâtiment a été livré en 2014. Sa discrétion tient dans sa conception. Les architectes ont décidé de suivre une courbe de niveau, ce qui a limité l’impact du terrassement. Toutes les pierres extraites pendant les travaux ont été utilisées. Un tailleur ne les a pas toutes retravaillées de façon identique. De long en large et de part et d’autre, l’observatoire est parcouru d’une “fissure” en métal représentant le principe des strates géologiques. Y sont insérées les fenêtres. À l’intérieur, un chauffage au sol permet aux scientifiques de ne pas se geler dans les studios mis à la disposition des chercheurs ou encore dans des laboratoires qui « ne ressemblent pas à ceux de l’Université« , explique un de ses utilisateurs.

Plus d’espace, plus de lumière. Nicolas Maquestaut reconnaît aussi que NWA Run architecture s’en est très bien sorti pour isoler les uns des autres, les télescopes et autres appareils laser utilisés. Mais là « où ils ont fait très fort« , insiste le responsable technique, c’est pour le toit : il est végétalisé – même si l’ONF reconnaît qu’il faudra du temps avant que la végétation, à cette altitude, ne prenne sa place – et il est en pente inclinée, permettant un système de récupération d’eau, l’inclinaison ayant été calculée pour ne pas gêner les instruments de calculs liés au soleil. Les nuits y sont peut-être froides, mais on ne doit pas y être trop mal, à l’observatoire du Maïdo.

 

 

 

Texte : A. C. / Photos : G. D.