Jack, insaisissable

Jack, insaisissable

Fait rare, BuzBuz a décidé de vous expliquer comment a été réalisé un article. Mais le portrait de Jack, dit « le Fou », méritait bien quelques éclaircissements.

Un an. Cela fait environ un an, qu’on y pense, à ce portrait. Pourquoi avoir pensé à Jack ? Parce que c’est un des personnages connus de La Réunion, un peu à la manière de la « Folle du Cap Méchant« , dont nous avions réalisé le portrait il y a quelque temps. Il s’agit de personnes dont on parle, dont on rit, qu’on croise, dont on entend parler, sans jamais vraiment savoir qui ils sont.

Et puis, en juin de l’année dernière, un de nos photographes, Gwael Desbont, nous ramène une série de photos de Jack, prise sur le Front de mer de Saint-Paul. Une série impressionnante, avouons-le.

Alors, la course au Jack commence. On lui court après, sachant que l’interroger sera compliqué, puisqu’il est vite incompréhensible. On nous parle de lui au Moufia, au Chaudron, à la Cerise sur le Chapeau et au marché forain de Saint-Paul. Mais on le rate.

Finalement, le choix de se rapprocher de son cercle familial et de ses proches nous vient en tête. C’est donc des amis, et surtout son demi-frère, qui finissent par nous répondre. Si notre rédacteur n’a pu rencontrer Jacques, celui-ci a bien entendu été mis au courant de notre désir de parler de lui. D’ailleurs, ses proches nous ont déconseillé de discuter avec lui : il n’y aurait pas grand chose à en tirer. Nous, surtout, ne voulions pas parler d’un gars qui fait marrer le monde, rapporter des propos confus. Nous espérions plutôt évoquer la vraie histoire d’un homme que tout le monde (croit) connaît(re). Une histoire crue, dure, dramatique souvent, drôle parfois. Une histoire bien loin des moqueries des réseaux sociaux.

Et puis nous avons dérogé à une règle sacrée dans BuzBuz : lorsque le frère de Jack a demandé à relire l’article avant publication, nous avons accepté. C’est la première fois que nous le faisons, et cela a donné lieu à un débat entre le rédacteur et moi-même. Nous avons vite été d’accord.

 

Les vrais amis de Jacques en ont vu passer, des margoulins.

 

Il faut dire que le premier cercle de connaissances de Jack a été échaudé. Il en a vu passer, des margoulins espérant utiliser l’image de ce gars plus naïf que méchant.

Après relecture, donc, un seul mot a été changé : au lieu de « fou », nous avons accepté d’écrire « schizophrène ». C’est d’ailleurs le diagnostic des médecins qui se sont penchés sur le cas de Jack. Aucun changement sur le fond, donc, et un changement sur la forme, à la marge. Nous n’aurions de toute façon pas accepté de modifications profondes sur notre travail et notre manière d’écrire nos articles.

Le but de ce portrait n’est pas de modifier l’image que nous nous faisons de Jacques Coupouchetty. Nous avons simplement voulu vous en dire plus sur ce bonhomme un peu étrange que tout le monde a déjà croisé.

Après, si vous, lecteurs, allez le voir d’un autre œil, c’est votre problème. Mais au fond, cela ne nous déplaira pas.

 

Loïc Chaux