Finest Ska-lity

Finest Ska-lity

Percus, mélodica, guitare, basse, batterie, saxophone, trombone, trompette, harmonica, clavier et chant. Il fallait bien ça aux membres du Rocksteady Sporting Club pour reprendre un style musical né en Jamaïque.

Les Rocksteady Sporting Club (RSC) ont eu, récemment, la bonne idée de nous envoyer deux ou trois titres pour qu’on y jette une oreille. Bien joué : sur My Own Queen, les percussions, les cuivres et la voix rock’n roll de Manou nous ont enchantés. Posé et dynamique, le rock jazzy sur fond de reggae nous a transportés.

Qui sont les RCS ? En 2003, trois copains journalistes montent un groupe de musique, qui verra ensuite départs et arrivées se succéder. L’idée était de faire honneur à leur passion commune pour le rocksteady et le football ; ils s’appelleront donc les Rocksteady Sporting Club. Le football ? Mike, manager du groupe, explique : « Il s’agit d’une boutade entre eux. Le foot est très ancré dans la culture anglo-saxone. En Angleterre, le ska des années cinquante faisait le lien entre la musique et les supporters. Il touche d’abord la classe ouvrière – comme le football. On a voulu mettre en avant le côté militant. »

Attention, RSC, ce n’est pas que du foot. L’esthétisme musical est un autre de leurs moteurs. L’ajout d’instruments – principalement des cuivres – tient son rôle dans les codes musicaux à respecter, ceux du rocksteady. Le tempo ralentit, les chanteurs à voix parlent d’amour – à la différence du reggae qui transmet un message social.

Issu du ska (symbole de l’indépendance jamaïcaine), le rocksteady fait partie des rares musiques datables. Pour la petite anecdote, en 1964, c’est la canicule en Jamaïque. La population ayant trop chaud recherche alors une musique plus calme pour danser. Influencé par la soul américaine, c’est la naissance du rocksteady : de rock – ça balance – et de steady – calme.

Le logo du groupe, d’ailleurs, vient illustrer cette idée de mélange : « Le damier est un symbole de métissage social. D’un côté les Blancs, et de l’autre les Noirs, ça n’existe plus grâce à l’apparition de ce nouveau genre musical. »

Une des originalités du groupe se retrouve encore sur son support, le vinyle. « Déjà, parce que le CD est un média mort (c’est Mike qui le dit, ndlr), ensuite parce qu’on a affaire à un public collectionneur. La volonté de vendre le support originel du rocksteady, mais aussi de créer un bel objet prend tout son sens lorsqu’on voit le 45 tours. » Attention, ils savent aussi vivre dans leur temps, les titres étant téléchargeables gratuitement depuis leur site.

Et parce que le rock, ça se vit en live, les Rocksteady Sporting Club joueront le 30 mai au Cocobeach, pour ses quinze ans. Avec un répertoire complété, depuis avril, par leurs propres textes.

 

Texte : B. V.

Les photos sont issues du site des Rosksteady Sporting Club.